Nous, ces factieux.

https://lundi.am/Les-gilets-jaunes-du-point-de-vue-revolutionnaire

 

 

 

Les LBD en pleine face, GLI-F4 dans les mains meurtries. Agenouillés, menottés.

 

(Et) Tous ces adultes.

Affamez-les. Violentez-les. Enfermez-les. Matez-les.

 

Enragez-les tous.

Publicités

Pourquoi est-ce qu’ils cachent leurs corps sous mon garage ?

Et le pétrichor qui se répand dans l’air maintenant, encore, et peut-être plus pour très longtemps. Le tintement des sonneries sous les préaux qui annonce le jaunissement des feuilles. Nous sommes arrivés dans la ville. Cette ville qui nous est de plus en étrangère.

Cultivons de belles statues difformes dans nos jardins. Les entretenir. Les voir grandir. Ne rien désirer d’autre.

 

 

https://patti.bandcamp.com/

 

 

 

 

 

 

 

https://maudittangue.bandcamp.com/track/mothra-slapping-orchestra-boogie-trash-dogs

 

 

 

 

 

Under the volcano – M. Lowry

(…)  » Le Consul,, rafraîchi, s’appuya au bar, plongeant le regard dans son deuxième verre de liquide incolore à odeur d’éther. Boire ou ne pas boire. – Mais sans le mescal, imaginait-il, il eût oublié l’éternité, oublié le voyage du globe, que la Terre était un vaisseau que le Cap Horn fouettait de sa queue, et dont le destin était de ne jamais toucher Valparaiso. Ou qu’elle était comme une balle de golf lancée au Vautour – Lyre d’Hercule, sauvagement agrippée au passage par un colosse surgi à la fenêtre d’un asile d’aliénés de l’enfer. Ou qu’elle était un car poursuivant son trajet erratique vers Tomalín et le néant. Ou qu’elle était comme – quoi que ce fût qu’elle serait sous peu, après le prochain mescal. Pourtant, il n’y avait pas encore de « prochain » mescal. Le Consul, sa main faisant comme partie du verre, se redressa, écoutant, se souvenant… Soudain il entendit par-dessus le fracas, les claires voix douces de jeunes Mexicains, dehors : la voix aussi d’Yvonne, chère, intolérable – et différente, après le premier mescal – qu’il allait bientôt perdre. Pourquoi perdre ? …. Les voix semblaient à présent se confondre avec l’aveuglant torrent de soleil qui se déversait par la porte ouverte, muant au long du sentier les fleurs écarlates en épées de feu. Même presque mauvaise, la poésie vaut mieux que la vie, aurait pu dire le fouillis des voix tandis que, pour l’instant, il vidait à moitié son verre. Le Consul prit conscience d’un autre fracas mais venu de l’intérieur de sa tête : clippeti-un : l’American-Express, vacillant, porte le cadavre à travers les vertes prairies. Qu’est l’homme, sinon une petite âme qui maintient debout un cadavre ? L’Âme. (…) Le fracas monta, expira, monta encore : des accords de guitare se mêlaient aux cris de voix nombreuses qui hélaient, chantaient,, comme les femmes indigènes du Cachemire, qui imploraient, par dessus le bruit du maelstrom : « Borrrrrracho », gémissaient-elles. Et la sombre pièce au seuil flamboyant bascula sous ses pieds. »

pp. 482-483 / Traduction par Stephen Spriel (Gallimard,1959)

Le silence est d’or. Dès la dernière page franchie, le sentiment de monumentalité de l’édifice – cette Divine Comédie sous alcool – que l’on vient de gravir est vertigineux. Le Popo et l’Ixta forment désormais l’horizon d’un paysage littéraire chamboulé. Oeuvre d’une force extra-ordinaire, inépuisable par ses multiples significations et son maniement de la langue, la cathédrale de Lowry est bien, bien plus que le récit d’une errance éthylique d’un ancien consul muté au Mexique.

 

 

Zama – Lucrecia Martel

La salle 36 nichée dans les combles d’un temple dédié au cinéma, tendance tétine et hochet, en plein coeur de la capitale, fait office d’enclave dans le ventre constipé de la baleine, ogresse insatiable des profits.
Accessible via une suite de petits escaliers divers, on l’atteint avec satisfaction, le coeur léger et impatient de la découverte du jour.
Cette salle bien connue des ini-tiés, sorte de confrérie fermée nommée « cinéphiles », car y sont projetés les films à faible distribution, le spectateur « lambda » ne s’y engage que rarement. A-t-il peur de ce qu’il y découvrirait ? Est-il effrayé par son public ?
Aussi, lorsque d’aventure, il s’y perd, l’audience cinéphi-lesque est là pour le rappeler à l’ordre : il n’est pas à sa place. Honnêtement, je pourrais faire parti de cette inquisition. Mais entendre des personnes âgées, bourgeoises, urbaines, probablement cultivées, lectrices de ce – feu – grand quotidien du soir de référence, s’exclamer en riant « ahh, ils ne doivent pas savoir lire » à propos d’un couple de jeunes gens, visiblement totalement étrangers à cette « Culture noble », m’a fait me sentir minable.
Alors qu’une personne, plutôt bienveillante, leur a exposé le synopsis, qu’ils n’avaient pas lu selon leurs propres aveux, ils ont décidé de quitter la salle pour finalement y revenir quelques secondes avant le début.
Pendant la projection, des petits gloussements, aux inlassables chuchotements en passant par le flash de téléphone pour prendre des photos, il fallait se rendre à l’évidence : le film ne les intéressait pas. Et cela se comprenait amplement. Ils n’avaient absolument pas l’oeil, la patience, les codes, tout ce que vous voulez pour pouvoir apprécier ce film. Et c’est bien ici que le bât blesse.
Ils ont définitivement quitté la salle après une grosse moitié de la projection et plusieurs rappels à l’ordre de leurs voisins proches. Pourquoi être restés tout ce temps dans cette attitude provocante alors même que même regarder tomber la pluie eût été moins chiant pour eux et que bien d’autres films programmés à cet horaire auraient pu leur plaire au centuple ?
Loin de moi l’idée de faire le sociologue de caniveau, mais au fond, ne devrions-nous pas nous interroger, intimement, sur ce besoin de différenciation – toute bourdieusienne- du pourquoi nous avons ce sentiment d’exclusivité, de vouloir absolument rester entre membres du « club » dans cette torpeur snobinarde, où pas un cheveu ne dépasse ? Alors même que, paradoxalement, et sous le rapport d’affects politiques de tous les instants, je, nous, appelons à une culture exigeante mais ouverte, partagée et diffusée le plus largement possible vers un public qui, justement, ne serait pas doté de ce capital culturel premier pour appréhender et apprécier ce genre d’oeuvres ?
Fausse question évidemment… Mais essayons peut-être, déjà, d’être plus tolérant et de faire vaciller les contours de ce petit entre-soi en martelant partout et toujours, à qui veut l’entendre, que ce genre de cinéma existe. Et puis quitte à « subir » de nombreux couples, rigolant, prenant l’écran en photo pour Snapchat pour se moquer des longues scènes de gens en costumes, on sait qu’ils détesteront et le public le leur rendra bien mais n’est-ce pas ce que nous voulons ? Les faire venir ? Au moins, il s’en souviendront plus que de l’énième blockbuster et peut-être qu’un jour ils reviendront par choix, dans la salle 36.

Disons-le d’emblée, le film de Lucrecia Martel est grand.
L’ouverture est un plan fixe tout en profondeur de champ sur don Diego de Zama en pied, debout sur le rivage fixant le large pendant que des enfants autochtones courent et jouent en riant à ses côtés. Dès les premières secondes et cet enfermement formel dans ce cadre idyllique, qui se révèlera plutôt un enfer pour lui, on saisit immédiatement l’isolement et la singularité du protagoniste principal.
On suivra dès lors, l’histoire de ce fonctionnaire espagnol, d’importance moyenne, d’une colonie sud-américaine de la fin du XVIIIe siècle de la côte argentine qui attend désespérément sa mutation dans une autre ville.
La véritable force du film est de parvenir à traduire formellement les maux du « corrégidor » dans cet environnement lourd, poisseux et inhospitalier pour ces espagnols qui s’imposent de force aux populations autochtones dans une obscénité de tous les instants.
L’ennui dans l’attente, la lâcheté, la misère sexuelle, comblée parfois, et le décalage vis à vis de ses compatriotes est rendu à l’écran dans une économie de moyen délicieuse et de manière tout à fait hypnotique. Dès le générique qui intervient après quelques scènes, le spectateur est immergé dans un plan aquatique où la caméra tourbillonne avec un banc de silures (?) pendant qu’une voix off narre de manière lente et sereine une légende ancienne sur des poissons. Il semble annoncer le caractère magique, hallucinatoire d’un territoire façonné par les légendes et l’animisme des religions sur lequel Zama paraîtra avoir une prise réelle, à son corps défendant, tandis que ses semblables seront voués à échoir sur une seule et unique forme de concupiscence et de jouissance de ce territoire étranger, seul comportement acceptable de tout colon qui se respecte.
Tout au long du film, le corrégidor, dans cet ennui qui lui colle à la peau, est tiraillé entre ses prérogatives de fonctionnaire officiel, ses instincts primaires et « l’aura » magique dont il est l’objet. Il espère qu’en rendant ses missions avec justice – partiale évidemment – il sera récompensé par le gouverneur qui intercèdera enfin en sa faveur pour sa mutation.
À ce titre, la scène du jugement où il tranche en faveur, en dépit de toute preuve matérielle, d’un couple de colons civils, propriétaires terriens, au détriment d’indiens autochtones, motivé uniquement par la beauté de la jeune femme et son zèle professionnel est assez révélatrice du moment de son existence où il est rendu. A savoir, l’esclave de sa propre condition, un homme de loi qui a perdu toute dignité de sa fonction ne représentant plus que la main molasse de la « justice coloniale » en opposition à la certitude et le bien fondé, en toutes situations, de la fonction civilisatrice qui incombe directement du roi vers ses sujets.
De plus, ce moment apparaîtra tout à fait cocasse puisque par abus de sa position hiérarchique, il finira par se brouiller violemment avec son jeune assistant, qui lui, épris de véritable justice, lui aura fait remarquer sa faute. Par pur acharnement du sort, Zama apprendra plus tard qu’à cause de cette altercation mineure ce même assistant sera muté dans la ville de son choix (à savoir la ville qu’il convoite tant). Moment de total désoeuvrement pour le Don.

Tout le film est construit de manière assez elliptique de sorte qu’on brouille absolument tous les repères temporels.
Repères qui sont également sensoriels puisque plusieurs fois Zama est pris dans un constant décalage avec le réel. L’utilisation de la voix off en surimpression, l’abondance des situations en hors champ lors des scènes dont il est l’objet semblent figer ce décalage et l’isoler encore plus. La scène où le fils du personnage de « l’Oriental » discourt, assis sur sa chaise portée, chuchotant de manière étrange et énigmatique montre très bien cela. Lui parle t-il directement ? Est-ce dans sa tête ? Ce décalage des sons est également extrêmement présent dans la musique utilisée. Un thème musical anachronique, composé de cuíca et de guitare, cependant, parfaitement en phase, même dans le décalage qu’il produit, avec les situations qu’il semble accompagner.
Au fur et à mesure que le film se poursuit et lorsque Zama s’embarque dans la chasse du célèbre bandit, Vicuña Porta, on est de plus en plus plongés dans une sorte d’abîme hallucinatoire, rappelant la substance de la fin d’Apocalypse Now, où la réalité est complètement déformée et mélangée avec ses visions. La séquence de l’enlèvement de sa troupe par les indiens grimés de rouge est particulièrement merveilleuse. Par la suite, plus le personnage s’enfoncera dans une espèce de folie mutique, plus, paradoxalement, sa lucidité lui sera rendue. C’est au milieu d’une altercation avec ses « compagnons de route », qu’il lâchera « j’essaie de vous prévenir que ce que vous espérez n’en vaut pas la peine, ça n’est pas ce a quoi vous vous attendez. A moi, cela, on ne l’a jamais dit ». Sentence implacable. Fugace clarté dans ses visions troublées. Il sera condamné sans appel.
Le film se clôt par un magnifique plan fixe rappelant l’ouverture, cette fois-ci dans une diagonale inverse, où le corregidor très très mal en point, vogue, dans un magnifique paysage aquatique et luxuriant, sur une barque menée par deux indiens dont l’un lui demande s’il veut vivre.
L’attente de la vie dans la mort vers ce paradis tant espéré, qu’il atteindra enfin.

 

En prime, rendons grâce au film pour cette fabuleuse découverte de ce duo brésilien des années 1960 :

En attendant le nan au fromage

Épisode 12401 du désastre en marche rapide. Cet après-midi dans la fraicheur de la clim’ et des effluves suintantes du parquet fraîchement ciré du palais versaillais, les robots-députés macronistes, aussi larbins, couards, ignares que cupides – énumération non exhaustive – entre deux photos selfi, applaudissaient au moindre son éructé émanant de leur robot-gourou bien aimé. Comme à chacun de ses spectacles, la prestation de notre imposteur en chef n’a été que flot ininterrompue de joutes verbales d’un vide abyssal (les scaphandriers de l’info). Par sa rhétorique bien huilée, notre pseudo Gorgias national n’a eu de cesse de louer le bilan positif d’une politique basée sur de grands principes ultra orthodoxes, flous et inoffensifs menée tambour battant (dans sa tête) alors même que les actes conduits par son double machiavélique ne sont que misère, manque affolant d’imagination et pure destruction du modèle social. Le Nouveau Monde en somme, assuré par le service propagande, premier ministère du pays. Dites, les castors, ça commencerait pas à être un peu trop voyant ? As usual, les éléments de langage, les banalités les plus confondantes côtoyaient les mensonges les plus éhontés servis par la plus belle des langues de bois, saupoudrée, toujours, du mépris de classe de rigueur. Bien épicé. D’un autre côté, on apprennait que les chiens de garde officiels type Minc, fourré dans tous les bons coups, interrogé par le plus digne éditocrate de Gaucheuh  – dans une posture de fausse pudeur – s’inquiètait de l’acroissement inouï des inégalités, lorsque celui-ci en est un des plus éminents artisants dans son façonnement direct, de l’austérité d’abord, et de son rôle antédiluvien d’amplificateur de la doxa économique d’autre part.
Dans le même temps, la FI appelait à une manifestation en ligne. En ligne. En LI-GNE ! Toi, qui manifeste fièrement dans la matrice virtuelle avec tes « hashtags » banderoles, abandonne tout espoir. La Divine Farce.

Dans le monde bien réel, la police tue dans les quartiers, réprime toujours plus violemment les corps et les esprits de ceux qui refusent de se soumettre à ce désastre en cours, orchestré d’une main de fer par ces morts-vivants, lesquels, saccagent nos vies et notre planète, en dégainant à vau-l’eau le sésame judiciaire « association de malfaiteurs ». Pas le bouquin des vingt ans de Tristram, hein. Lois. Scélérates. Je n’ai rien à déclarer. L’amour d’une certaine vision de la littérature. Offensive. Joyeuse.
Ceci étant, parmi les nouvelles « réjouissantes », celle, du collectif autonome des livreurs de Paris a appelé massivement à la grève pendant cette dernière semaine de coupe du monde. Oui, oui, je lirai un jour le bouquin de Mickaël Correia. Promis. En attendant, simulacre union nationale, anesthésie, tout ça, tout ça. Ne mélangeons pas tout.
Et pendant que toi, ennemi macroniste, tu commanderas ton HEMBUR-GÉ durant la mi-temps, garde à l’esprit que le gentil livreur gagne à peine 55 euros pour une journée de dix heures en risquant sa vie dans la circulation parisienne chaotique. Le tout, sans aucune protection sociale. Diversité des profils. Compléments de salaire ou absolue nécessité pour certains. Ah mais nan, tu n’en as absolument rien à ciré. BUUUUUUUUT. Putain mon hemburgé est tout froid. Vas-y j’veux me faire rembourser.

Dans un fugace et impérieux souvenir, je ne peux m’empêcher de mentionner l’excellentissime bouquin d’Olivier Cyran et Julien Brygo, Boulots de merde ! Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers. Titre provocateur, assurément, à dessein. Il dresse le portrait de sept personnes exerçant des métiers aussi différents que Léa, 24 ans, plante verte dans un palace parisien, Michel, 42 ans, enquêteur dans un institut de sondages ou encore Thomas, 30 ans, contrôleur dans une société d’audit financier.
Lorsqu’on ne croise pas les auteurs dans la rue défilant de petits pas assurés, l’un, arborant ses goûts musicaux classieux sur ses tee shirt (Bad Brains, Funk), l’autre, lunettes noires visées sur le visage ; l’écriture, la prise de son et les images forment le biscuit de l’enquête sociale qui est leur terrain de jeu principal. Je conseille vivement les papiers du Diplo, ou le visionnage de l’édifiant film photographique « Glasgow versus Glasgow » en autres.
Par ailleurs, à elle-seule, l’introduction de Boulots de merde ! vaut son pesant de cacahuètes. Jubilatoire, exigeante et informative : tout l’ouvrage est à l’avenant.
Une intro qui se conclut par : « Notre seul regret, c’est que ce livre ne soit pas assez lourd pour servir de pavé dans la figure de ce monde-là ».
On a juste immédiatement envie de partager de nombreuses bières avec ces deux gais lurons.

P.S. Signalons la sortie au mois d’août en version poche, pour les pauvres, dudit ouvrage. Plus aucune raison de ne pas l’acquérir. Et puis, naturellement, de se soutenir les uns et les autres dans les luttes en cours par des actions à notre petite échelle. Tenir bon, ensemble.

 

  • Boulots de merde ! Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers, La Découverte, 2016.

L’Homme, ce poids lourd

« Mon cher Paulhan
Gaston parle de parler etc… faut le fixer d’avance.
Si je retourne dans la vie, et dans l’édition, voilà mes conditions, et j’en sortirai jamais. Moi je suis régulier, mais personne n’est régulier. Deux espèces, les canailles et les imbéciles. Moi je ne suis ni l’un ni l’autre, mais seulement ouvrier et ouvrier qui veut être payé comptant, à la livraison de son boulot, net, sec, cash, pas d’Histoire. Je dis donc pour Gaston ou tout autre ! c’est pas les amateurs qui manquent ! y en a trop !
Je vous donne le droit d’imprimer et vendre
20 000 Voyages.
20 000 Casse-Pipe.
20 000 Mort à Crédit.
20 000 Guignols.
30 000 Féerie.

et le tout ENSEMBLE !
Je ne veux qu’une preuve : la facture de l’Imprimeur et tout de suite, à la signature 18 p. 100 de droits d’auteur, cash en dur sur la table ! d’avance !
Pas de boniments, traites, contrats, flaflas, passe 10 p. 100 Patata ! merde ! Je suis ouvrier c’est tout. Quand vous aurez épuisez vos tirages, on se reverra, on refera un contrat, et cash sur table. Si vous en voulez pas ! Carrez ! Comme ça pas de tribulations commerciales, comptables, patati. Du franc, du net, de l’honnête. Il gagne sa vie. Je gagne la mienne. Je suis le tintin toujours fatalement, lui il fout rien et moi je produis. Enfin les limites. Vous verrez le Gaston il va être moins impatient ! Et si y a pas de suite, je fais comme Racine ! je me retire du putanat ! Gi !
Vostre amy

Louis Ferdinand »

 

À Jean Paulhan, le 27 (Décembre 1950 ?)

pp.82-83.

 

  • Céline, Lettres à la N.R.F, Choix 1931-1961, Gallimard Folio, 1991.